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March 25 2015

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November 25 2014

Chagrin

Réveillé de bonne heure ce matin, depuis mon lit
je portai le regard loin sur le chenal pour suivre des
yeux un petit bateau traçant sur la mer houleuse,
un seul feu de signalisation allumé à bord.
Me suis rappelé mon ami qui hurlait
le nom de sa femme morte du haut des collines
autour de Perugia. Qui mettait son couvert
à table longtemps après
sa disparition. Qui ouvrait les fenêtres
pour qu’elle ait de l’air frais. Je trouvais gênant
cette façon d’afficher son chagrin. Ses autres
amis aussi. Je ne voulais plus voir ça.
Jusqu’à ce matin.

Raymond CarverLà où les eaux se mêlent (Where Water comes Together with Other Water, 1985)

October 26 2014

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Pierre Soulages - Composition - 1970

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Cet outil

L’écrit est cet outil, cette arme qui permet d’affronter avec succès nos plus anciens ennemis, l’oubli, l’imprécision, l’étranger que nous sommes  nous-mêmes aussi longtemps qu’on n’y a pas fait réflexion, la plume à la main, les êtres successifs, différents, que nous avons été, au fil des ans, et qu’on peut rassembler dans l’espace compris entre deux plats de couverture.

Pierre Bergounioux

October 11 2014

L’écriture est impuissante : il me manque le visage et la nudité d’une prostituée pour dire assez bas de la vie humaine qu’elle a fait d’elle-même une façade et que la débauche la rend à la vérité.
— Georges Bataille

October 10 2014

300 bacheliers professionnels, sur un total de 6 000 entrants, se sont inscrits à l’université de Strasbourg en 2011-2012, en droit, économie, gestion, sciences humaines et sociales… Combien ont obtenu leur première année ? Trois. Oui, trois. Taux d’échec : 99%.

September 24 2014

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Tram à Montmerdier

September 03 2014

Pour écrire un seul vers

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.

Rainer Maria RilkeLes Cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910

September 02 2014

Toi qui fus ma seule patrie, où te chercher ?

Je voulais que mes doigts de poupée pénètrent dans les touches. Je ne voulais pas effleurer le clavier comme une araignée. Je voulais m’enfoncer, me clouer, me fixer, me pétrifier. Je voulais entrer dans le clavier pour entrer à l’intérieur de la musique pour avoir une patrie. Mais la musique bougeait, se pressait. Quand un refrain reprenait, alors seulement s’animait en moi l’espoir que quelque chose comme une gare s’établirait ; je veux dire : un point de départ ferme et sûr ; un lieu depuis lequel partir, depuis le lieu, vers le lieu, en union et fusion avec le lieu. Mais le refrain était trop bref, de sorte que je ne pouvais pas fonder une gare puisque je n’avais qu’un train un peu sorti des rails, qui se contorsionnait et se distordait. Alors j’abandonnai la musique et ses trahisons parce que la musique était toujours plus haut ou plus bas, mais non au centre, dans le lieu de la rencontre et de la fusion. (Toi qui fus ma seule patrie, où te chercher ? Peut-être dans ce poème que j’écris peu à peu.)

Alejandra Pizarnik, Figures du pressentiment, in L’Enfer musical, 1971

July 10 2014

Taux record de réussite de 87,9% au bac.

July 09 2014

Cryos International, l’une des plus importantes banques du sperme au monde, basée au Danemark, a fait ses comptes. Elle n’accepte plus de dons émanant d’hommes roux. Question d’offre et de demande. Ses réserves de semence de rouquins sont à saturation, a fait savoir le 22 septembre 2013 son directeur, Ole Schou. Pour écouler son stock (70 litres), il a lancé un appel public aux femmes écossaises et irlandaises, a priori les plus intéressées par cette caractéristique. C’est tout juste s’il ne leur propose pas des tarifs promotionnels.

July 07 2014

Quatre Français sur dix n’ont pas de contact avec leur famille au-delà de quelques rencontres annuelles (39 % en 2014 contre 33 % en 2010). Un Français sur quatre n’a pas de relations amicales soutenues (25 % en 2014 contre 21 % en 2010), et près de quatre sur dix n’ont pas ou peu de contacts avec leurs voisins (36 % contre 31 %). Les réseaux sociaux virtuels ne sont pas une compensation au manque de liens sociaux : 80 % des personnes en situation d’isolement objective ne les fréquentent pas.

July 01 2014

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June 24 2014

La haute mer, un « Etat en déliquescence »

L’océan va mal. Il faut le dire, le marteler à coups de prises de position solennelles, de cris d’alarme, de démonstrations d’experts. Le travail que la Commission océan mondial rend public mardi 24 juin à New York tient de tout cela à la fois. Au sein de cette instance lancée en février 2013, un aréopage de 18 politiques de haut rang (parmi lesquels l’ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy ou encore l’ex-premier ministre canadien Paul Martin) et des chefs d’entreprise sonnent l’alerte.
« Il n’est pas exagéré d’affirmer que toute forme de vie sur Terre, y compris notre survie, dépend du bon état et des richesses de l’océan, écrivent ses membres. (…) Nous sommes des milliards à en avoir besoin comme source d’aliments, d’oxygène, de stabilité climatique, de pluie, d’eau potable, de transport et d’énergie, de loisirs et de moyens de subsistance. » Leur message s’adresse en particulier aux dirigeants des Etats qui vont se retrouver lors de la 69e Assemblée générale des Nations unies, à partir de septembre.
Dans son rapport intitulé « Du déclin à la restauration : un plan de sauvetage pour l’océan mondial », la commission reprend des données déjà connues pour la plupart. Mais, mises bout à bout, celles-ci tracent un tableau cru de la situation : peut-être pas irréversible, mais indubitablement alarmant.

PILLER LES RICHESSES SOUS LA SURFACE
A juste titre, les cosignataires déclinent le concept d’un « océan mondial », autrement dit d’une entité globale qui ne connaît pas les frontières. La haute mer, au-delà des zones côtières, illustre parfaitement cet enjeu commun, dans son immensité – elle couvre 64 % de  la surface des mers, 45 % de la planète – et sa vulnérabilité. Or elle « est semblable à un Etat en déliquescence. Une piètre gouvernance et l’absence de contrôles et de gestion impliquent que des ressources précieuses sont non protégées ou dilapidées, » a estimé David Miliband, coprésident de la Commission et ancien ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, en présentant le texte.
Navires de plus en plus puissants, forages de plus en plus profonds : la haute mer n’est plus inaccessible, mais elle ne bénéficie toujours pas d’une  juridiction internationale pour la protéger. Pourtant, elle aiguise toutes les convoitises avec ses trésors : gaz, pétrole, minéraux rares, ressources génétiques.
Pour l’ancien ministre d’Afrique du Sud Trevor Manuel, cela signifie qu’« en l’absence d’une gouvernance adéquate, une minorité continuera à abuser de la liberté en haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable et à en tirer profit aux dépens du reste du monde, en particulier des plus pauvres ».
Il y a donc urgence à lancer des négociations internationales pour se doter de règles communes sous l’égide de l’ONU. C’est en fait toute une architecture de gouvernance qu’il faudrait créer avec un haut fonctionnaire chargé de toutes les questions relevant de l’océan et du droit, une organisation par grandes régions du monde, des ministres de l’océan au sein des gouvernements nationaux. Il reste à mettre en place, en outre, un « Conseil de responsabilité de l’océan mondial » qui permettrait de mesurer les progrès accomplis dans les prochaines années… et de demander des comptes à ceux qui exploitent la haute mer.
Dans l’économie de la pêche aussi, ce sont les plus puissants qui raflent la mise. Dix Etats se partagent à parts inégales la majorité des stocks de poissons de haute mer, tandis que les villages de pêcheurs voient leurs ressources fondre.
« Pour attraper une tonne de poissons, les navires ont besoin de deux fois plus d’énergie aujourd’hui qu’il y a 60 ans », rappellent les rapporteurs, ce qui signifie qu’on s’aventure de plus en plus loin. On pêchait 3 millions de tonnes environ en 1900, 16,8 millions en 1950, 86,4 millions lors du pic de 1996. L’activité ne dépasse plus 80 millions de tonnes depuis.

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Sur ce total, 10 millions de tonnes sont prélevées en haute mer, ce qui représente environ 15 % de la valeur marchande totale du secteur (soit 11,8 milliards d’euros). Cela n’est rendu possible qu’à grand renfort de subventions. Les auteurs demandent aux Etats de mettre fin aux financements publics qui permettent aux flottes industrielles de naviguer plus au large, plus longtemps et de lancer leurs chaluts de plus en plus profondément.
Ils leur recommandent de commencer par jouer la transparence totale à ce sujet (ce qui est déjà obligatoire en principe pour les pays membres de l’OMC) avant de supprimer progressivement dans les cinq ans qui viennent toutes les aides sur le carburant pour la pêche loin des côtes. De même doivent-ils cesser de soutenir toutes les pratiques destructrices : chalutage, filets dérivants, dispositifs de concentration de poissons…

NITRATES ET MÉTAUX LOURDS
La surcapacité actuelle encourage en outre la pêche illégale, estiment les rapporteurs. Ils souhaiteraient notamment que chaque navire opérant loin des côtes soit doté d’un numéro d’identification permettant d’en identifier le véritable propriétaire. Ils demandent que le transbordement des caisses de poissons en pleine mer soit interdit, que les Etats échangent leurs informations…
Las, « il est évident que la volonté politique de résoudre ce problème fait défaut », soulignent-ils. La plupart de leurs recommandations figuraient déjà dans le plan d’application de Johannesburg en 2002, puis dans la déclaration de Rio + 20… Les aires marines protégées promises depuis longtemps par les Etats, par exemple, ne couvrent encore que 1 % de la haute mer. Il faut donc relancer le chantier. « A moins d’enrayer le déclin de l’océan dans les cinq ans, la communauté internationale devra envisager de faire de la haute mer une zone de régénération interdite à toute exploitation jusqu’à la restauration de son état », envisage néanmoins l’ancien président du Costa Rica José María Figueres, qui copréside la Commission.
Sur les autres séries de menaces qui perturbent les écosystèmes marins, leurs propositions sont nettement moins précises. Malgré son éloignement, la haute mer recueille polluants organiques persistants, hydrocarbures, métaux lourds, nitrates, substances radioactives, débris marins (de pêche notamment).
Quant aux déchets plastiques, leur masse est multipliée grosso modo par dix tous les dix ans depuis 1950, causant de terribles hécatombes chez les tortues, les mammifères et oiseaux marins. Et on peut s’attendre à des marées grandissantes d’emballages jetables car la chute du prix des résines plastiques liée à celle du gaz devrait en décupler la production. Cette fois, les auteurs du texte se contentent d’en appeler à la mobilisation générale des gouvernements, du secteur privé, des consommateurs.

ON NE POURRA PAS RESPIRER SANS OXYGÈNE
Un tiers du pétrole et un quart du gaz naturel consommés dans le monde sont puisés sous la mer. Au sujet des forages offshore – un secteur industriel « très technique et opaque » –, la Commission plaide pour des réglementations internationales instaurant des normes environnementales et sécuritaires et pour une définition d’un niveau de « risque acceptable ». Rien de révolutionnaire donc. Ses membres évoquent surtout les indemnisations et les responsabilités à établir en cas de catastrophe, quitte à « impliquer les Etats afin de garantir que les opérateurs aient les moyens financiers suffisants pour payer d’éventuelles indemnités  ».
Est-ce vraiment suffisant face aux conséquences effrayantes de pollutions qui se cumulent, de marées noires à répétition, alors que les zones mortes se multiplient sous la surface ? Comme le note la Commission, on peut s’obstiner à utiliser l’océan tout en le maltraitant. On peut ainsi continuer à tendre des câbles au fond d’étendues d’eau sans vie, à transporter à la surface 90 % du commerce mondial, mais on ne pourra pas respirer sans oxygène. Or, « l’écosystème le plus vaste au monde » produit presque la moitié de tout notre oxygène et absorbe plus d’un quart du dioxyde de carbone que nous émettons.

Martine Valo | Le Monde.fr | 24.06.2014

June 13 2014

C’est ainsi que tous les gens lisent tout aujourd’hui, en survolant, ils lisent tout et ne connaissent rien.
Thomas Bernhard
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Mark Rothko - Untitled (Red and Black)

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June 01 2014

Carnets de Tanger

Le 17 juillet, 23 heures. – Wisner n’est à Tanger que depuis deux semaines mais semble y connaître tout le monde. Aujourd’hui, il nous a emmenés voir Paul Bowles dans son appartement situé derrière le consulat des États-Unis. Nous sommes restés respectueusement assis sur le sol tandis que l’homme de lettres nous préparait du thé. Bowles portait la veste et la cravate traditionnelles des professeurs d’université. Vous arrivez en Afrique du Nord en plein été et tout le monde est vêtu de costumes de tweed !
Je lui ai expliqué que je venais enseigner mais que je voulais écrire un roman. Bowles a hoché la tête avec réserve : ce n’était pas la première fois qu’il entendait dire ça, loin de là.

John Hopkins, Carnets de Tanger, 1962-1979

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